Lettres à Divakar jusqu'à 2005

17 ans de vie commune ; ils ont dû la mener chez le vétérinaire pour l’aider ; tous les trois ensemble l’ont accompagnée jusqu’au bout. … La vie est effectivement bien sévère en ce moment pour René… … Et la communication est … déficiente… Rien n’entre… Et moi, je me refuse à tout faux dialogue, qui n’est qu’un absolu décalque de ce qui a précédé. Alors, on garde par force le silence. Mais ce n’est pas un silence enrichi, c’est un silence « faute de … ». Et c’est assez difficile, tout compte fait. … « Ce n’est pas l’amour, ça ! » m’as-tu dit… Ce qui apporte un éclairage au bilan dont je prends conscience… … Dire « amour possessif », à courte vue, oui. Mais le mot ne me convient pas tout à fait ; c’est ailleurs, moins actif, moins dominateur ; c’est un entraînement vers, un désir archaïque : le suicide à deux ou, à défaut, la dépression main dans la main… Sous toute sa tendresse, son besoin et son attente, quotidiennement, de mon retour, et mêlée à des ententes certaines, à des partages, cette tendance « mortifère » couve depuis toujours sans doute. Autre exemple : ses sentiments pour toi. Il y a l’être que tu es, pour lequel il a de l’admiration et une sincère affection, ça ne fait pas le moindre doute. Et il y a le fils de Colette : et là, le clivage, c’est-à-dire une jalousie +++. Un aveu un jour, tout droit sorti de sa bouche (j’ai dû t’en parler je crois) : « parce qu’il a cette mère-là ! » ; une mère que du coup il idéalise ; ce n’est même plus ou pas encore de la jalousie, mais de l’envie, sentiment là encore archaïque. … Pour les médecins, il va mieux qu’à son arrivée à l’hôpital : le Parkinson très amélioré, l’état confusionnel a disparu, les comportements tout à fait infantiles aussi (par exemple se jeter par terre à tout bout de champ)…

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