Lettres à Divakar jusqu'à 2005
médecin, tous parlent de son refus, de sa fermeture à tout dialogue… - F. : Oui, c’est évident. Mais il faut bien se rendre compte que son « anti-vie » a besoin de s’exprimer dans la vie. Il n’a pas du tout envie de mourir, mais de témoins (ici, allusion à ses tentatives, durant trois jours avant son hospitalisation à Sainte Anne, d’enjamber la rambarde du balcon…) Olga : il lui arrive quelquefois d’évoquer le bout de chemin que vous avez fait ensemble rue Campagne Première, elle te disant qu’avec René il n’y avait jamais de dialogue « vrai », toi lui répondant qu’elle était un peu trop matérialiste. En fait il faudrait que chacun, elle par exemple, dise « avec moi il n’a pas eu de dialogue vrai »… Chacun, composant tout notre entourage, ayant un point de vue plein d’expériences avec lui ; chacun a raison ; ensemble, ça donne un portrait assez juste… Ma propre expérience, de longue date on peut dire, plus quelques approches « cliniques », m’amènent depuis des années à constater qu’il y a tout en René – toutes les névroses… ! Un élément m’a toujours soit perturbée, soit aidée dans notre pratique de vie : son clivage absolu (lequel d’ailleurs lui permet de « jouer » avec sa mémoire sélective). Le clivage, tout le monde y a recours ; plus ou moins, plus ou moins habilement. Chez lui, je l’ai toujours expérimenté, c’est parfaitement fait, net, bien coupé… Disons, schématiquement, entre le bon et le mauvais. Le « bon » - sa gentillesse, son ouverture d’esprit justement – étant comme purifié après un passage … gratiné … dans le « mauvais ». J’ai vu bien des gens, blessés par une réflexion ou une plaisanterie méchantes, destructrices, aussitôt réparés par une gentille et plaisante remarque…
A propos d’Olga, elle est encore bien triste : la grande et gentille chienne, Julie, est partie voici trois semaines après
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