Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Jeudi

… Précise-moi le rapport que tu établis entre « ce qu’il est profondément et inaltérablement », que je ne dois pas « confondre avec sa condition actuelle », et « son choix d’avoir douté, nié, réduit… ». Choix que j’apprends donc à appréhender, situer, reconnaître : cette réduction, que je découvre de plus en plus dans son côté obstiné, constant, - c’est bien cela que j’exprime lorsque j’évoque l’absence de moyens de vie devant laquelle il se trouve à présent confronté… … Ce qui est également formidable, et plaisant, c’est cette sensation que certaines choses se détachent comme un fruit mûr : ainsi ce que tu me recommandes, et pour moi et pour lui, de ne pas être affectée par la situation. Il me fallait cette recommandation pour ramasser le fruit qui mûrissait sans que j’en prenne activement … la juste mesure… Et enfin … dis-moi qu’est-ce qui, dans les symptômes de René, n’est pas vrai… (je le ressens très bien je crois, mais j’ai besoin d’une courte précision : « courte » parce que tu sais toujours lumineusement le faire !) … C’est un excellent plaisir, une respiration, un allègement, tes nouvelles concernant l’évolution de ces quelques Aurovilliens – ces changements de rôle comme on dit maintenant … … Qu’il y ait un désir d’ « impartialité », voilà enfin une ouverture plutôt bienvenue… … Ce n’est pas rien que « l’autorité » de Roger puisse être, aussi peu que ce soit, débattue : j’ai toujours trouvé qu’elle dépassait la seule personnalité de l’homme et regroupait quantité d’éléments parmi les plus « durs » et obscurantistes d’Auroville. Il sait d’ailleurs fort bien j’imagine l’appui que ceux-ci lui apportent…

… Encadrées sur mon calendrier, avec un crayon d’un très beau vert, les dates 7 avril – 12 mai…

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