Lettres à Divakar jusqu'à 2005
faire face !) ; le recevoir comme tu me l’écris avec plus de présence à moi-même et par retour, à l’autre. Tu me montres cela et je le vois. Un mouvement à faire qui, bien que ne s’étant pas concrétisé, n’est pas loin. Je vais m’y glisser et le faire vivre, je le peux rapidement. Cela me fait d’ailleurs penser à ce mot, cette image : le chemin – que j’ai si instantanément adopté dans nos échanges. C’est là que se trouvent ces états de transition, ces passages dont je parle plus haut, ces contacts. On peut le rebrousser ce chemin, prendre ses traverses, s’y perdre et s’y retrouver. C’est un bon contenu et un bon contenant pour moi. Il peut se rétrécir puis s’élargir et il m’évite les escalades. Et il a tant de couleurs. Je dirais alors qu’il est du côté vie… Et voilà donc le côté mort. Lorsque je parle du « comment » j’ai à l’esprit ce passage-là qui peut être tranquille, oui, comme je peux fort bien l’imaginer, le désirer, pour ne pas manquer d’en être consciente. Autre chose s’il y a souffrance (ou … mocheté !) qui freine la conscience nécessairement. L’idéal : une maladie du cœur au ralenti ! Ça c’est une chose. La mort comme « point final » en Occident ? Sans doute cela a-t-il eu en moi une résonance, bien que je n’aie pas eu de pensée religieuse. Il y a une chose en tout cas dont je suis sûre : c’est que ce que je dis plus haut à propos des limites de la pensée et ce que j’en perçois intimement, s’applique de la même manière à la limitation de la mort. Mais j’ai tout un travail à faire (je ne dois pas être la seule !) pour me libérer de ces « formations instrumentales » et à reconnaître, à voir ce qui se passe « à travers tout » soulignes-tu. D’une certaine manière ce que je pense et ressens fréquemment de la lenteur de ma pensée (qui n’a pas que des inconvénients) est peut-être en jeu dans une certaine
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