Lettres à Divakar jusqu'à 2005

date : par exemple actuellement la pente vers l’anorexie survient à la même date que l’an passé. Que fait-il de ça, nul ne le sait, pas même lui qui ne s’y intéresse pas. Il parle en tout cas d’ « états physiologiques » qui n’auraient rien à voir avec quoique ce soit appartenant au mental ou à la conscience. Peut-être a-t-il raison ? Il est vrai, à y regarder de près, qu’il est le jouet de cycles qui se répètent à la manière d’un animal buté. Mais il y a aussi cette impressionnante pensée qui, de façon immédiate et quelquefois fulgurante, pense une chose et son contraire… … C’est quand même bien éprouvant ce temps que nous avons avec ce vent froid, ce ciel toujours gris et bas, j’ai beau me sentir libre par rapport à ces préoccupations de tous, il n’empêche que l’on sent nettement combien la vie a besoin de tiédeur au moins et de vrai ciel… ! … Décidément, je vogue vers l’éternité… On vient de m’adresser deux nouvelles patientes. Et j’ai accepté, malgré mes sages résolutions… Mais comme ma tête fonctionne bien, pourquoi me limiter ? Sauf si je deviens décatie physiquement…

… Et toi, eh bien je t’envoie tout mon cœur.

Colette

(Joint à cette lettre, Colette m’a fait parvenir un article publié dans « Le Monde » du 29-5-2001 autour d’un entretien avec Francis Jeanson, philosophe, sur le thème de la torture, telle qu’elle fut pratiquée par les Français en Algérie, intitulé « La question de la torture est indissociable de la question coloniale »)

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