Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Et à propos de cette évolution « en avant » comme tu me l’écris, cette fois en rapport avec mon explication finalement approximative de … cette fameuse et obscure phrase (« éloigner à l’intérieur… »), tu me donnes là un énergique coup d’envoi… C’est important en effet d’apprendre à laisser travailler en soi, et à accompagner ; cela me donne l’impression que lorsque je dis « faire un travail conscient » je risque en quelque sorte de noyer le poisson sans m’en rendre compte ; cela ressemble en effet à une « décision » pour régler un « problème » et trouver une « solution », cela risque de tourner court, et c’est bien là ce que je ressens en définitive … Je me rends compte que ma compréhension de ce qu’est la « conscience physique » est insuffisante. Je crois comprendre, mais peut-être n’est-ce pas une réelle compréhension. Conscience physique implique la conscience mentale… ? Mais comment se nomme l’unité des deux « localisations » ? (Certains ici diraient l’unité psychosomatique… Je me fais un peu l’avocate du diable, mais ce n’est pas inutile). Alors, tu réponds à tout ça… ! René : c’est tout de même bien attristant de voir l’ « état » dans lequel il est, ou bien il se met. Prostration, dépression, tristesse, solitude aussi ; mais toute personne qui passe à la maison est toujours de trop ; je suis la seule personne avec laquelle il ne s’ennuie pas… C’est un reflux : il s’isole. Après tout, pourquoi pas ? Mais je crois qu’il n’en est pas heureux. Quant à moi, j’ai vraiment pris acte que je ne peux rien pour lui, que d’être là. Je ne tente plus de le rendre attentif à ce qui se passe en lui…, je ne cherche plus à … l’aider de cette façon… Du coup ma nature « réactive » s’assagit, je laisse filer. Et c’est plus confortable, c’est l’évidence. Je reste, dirais-je, avec ma surprise constante devant cette implacable répétition des symptômes, y compris à telle
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