Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Mercredi
Et maintenant cette obscure phrase dont je suis l’auteur : « … en fait, il vaut mieux l’éloigner à l’intérieur plutôt qu’au dehors… (la période récente) ». Tout d’abord je me suis écriée « ça alors… qu’est-ce que j’ai voulu dire !? ». A la réflexion je pense, et même je suis sûre que cela veut dire ceci : il vaut mieux ne pas essayer de la repousser à l’extérieur de moi, du genre « je ne veux plus y penser, inutile », mais de l’intégrer grâce à un travail intérieur conscient ayant pour effet de l’éloigner en créant la « bonne distance », c’est-à-dire sans artifice ni aveuglement…
Colette.
***
Le 7-6-2001
Aimé,
… Oui, je pense souvent à mon livre avant de m’endormir et rédige mentalement ; c’est une bonne habitude pour l’instant : l’approche du repos de la nuit, avec la diminution des sollicitations diverses du monde extérieur, favorise une sorte de clairvoyance. Et je prends conscience de paliers à franchir peu à peu – ce qui peut parfois me rendre confuse, confuse d’avoir écrit ce qui m’apparaît soudain comme des platitudes, jusqu’à me remplir de doute ! Cependant je suis convaincue que ce passage désagréable est la conséquence de l’évolution ; chemin faisant je me suis enrichie et mon regard sur les étapes précédentes me renseigne. A moi, ensuite, de répondre, et surtout de faire place à une solide exigence et à ouvrir de nouveaux horizons … - ce à quoi tu m’engages dans ta lettre… !
1413
Made with FlippingBook flipbook maker