Lettres à Divakar jusqu'à 2005

d’aventure il m’arrive d’évoquer ce passé je suis accusée sinon de mensonge du moins d’invention… Oubli ou mauvaise foi, difficile d’en juger ; à coup sûr évitement à tout prix de la culpabilité mortelle qui l’assaillerait… … Voici une expérience qui, elle, ne trouve pas place en moi. Et j’ai tendance à penser qu’elle ne doit ni ne peut la trouver. Trop, beaucoup trop de violences, de méchancetés (et non d’agressivité, ce n’est pas pareil), trop d’inacceptable, c’est-à-dire de défi à tout ce qui fait les « règles de la vie », avec le respect dû à l’autre. Sans doute trop de souffrance en lui, mais qui ne doit pas justifier, à mes yeux, le tort fait à la vie de l’autre. Alors, le mieux serait-il de savoir « pardonner » ? Le mot ne me convient pas, il ne m’est guère familier ; alors, excuser ? Tout cela au nom du bon côté de René, gentil (aimant – enfin, surtout pour lui !), capable de bonté… Cela ne me convient guère non plus, on tombe si facilement dans une sorte d’angélisme (ce que justement il semble voir chez Aniela)… Gommer les choses… mais là, on tombe facilement dans le « faire comme ci »… Je ne vois qu’une attitude tenant compte de la vérité et de la réalité ; ne pas leurrer, s’aveugler, tenir la bonne distance en prenant acte de cette globalité « le bon/le mauvais », seule manière me semble-t-il de favoriser la réconciliation et de « centrer » le mieux possible. … Voilà ! Je voudrais que tu exprimes à l’équipe du Matrimandir (Arjun, John, Walter, Mechtild, Shiva toute la reconnaissance pour leur attention et affectueuse solidarité à mon égard, que je n’oublierai jamais… Je pense affectueusement à Bhaskar, Anand, Selvam ; et puis tu embrasses très fort Kusum…

Colette.

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