Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Un signe en tout cas : il parait être conscient du risque maniaque qu’il court (et nous fait courir). Période de plusieurs jours où l’état maniaque a été (est encore) à la mesure de la profondeur de la dépression qui l’a précédé. Là encore, pas de respect de ses responsabilités : « besoin de brutalité, de violence pour m’en sortir », dit-il…
Colette.
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Note : Colette a donc eu les résultats des examens et son chirurgien, qui avait effectué la première opération du colon pour en extraire une petite tumeur cancéreuse, lui a de suite confirmé la résurgence de cette tumeur et la nécessité de refaire l’opération, en lui assurant que cela arrivait fréquemment et que cette fois-ci serait « la bonne ». Colette a reçu cette nouvelle calmement et s’est aussi calmement préparée à revivre toute l’expérience : une quinzaine de jours à l’hôpital, et au moins trois ou quatre semaines de récupération. Elle ne souhaitait pas que je sois présent pour l’opération même et elle était réticente à ce que je la vois avant qu’elle soit remise suffisamment pour être redevenue « présentable ». Cependant elle redoutait la période post-opératoire d’autant plus que les possibilités de réconfort que René serait capable de lui offrir semblaient assez compromises. L’opération fut fixée pour le 23 novembre. Je partis la retrouver à Paris le 25, et Colette me demanda d’arranger les billets d’avion pour qu’elle puisse revenir avec moi à Auroville, mi-janvier 2001, pour au moins un « dernier » séjour à Sincérité. Les effets de l’anesthésie, pour une opération qui dura plusieurs heures, furent très pénibles (une anesthésie au curare, qu’elle ressentit comme une déflagration dans tout le corps) et nous dûmes travailler ensemble de longues heures chaque jour pour les neutraliser. Ici je reproduis des extraits d’un journal que je tenais durant cette période.
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