Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Mardi 29

Il n’y a aucun doute que chacune de tes lettres représente, outre le bienfait de leur existence même, une sorte d’évènement. Ainsi de chacun de nos coups de téléphone ; et, particulièrement le tout dernier… … « Ne pas vouloir être parfaite », « je ne suis pas sûr que tu n’éprouves pas de remords »… Eh bien, quel déclic ont apporté tes paroles … qui me libèrent en me désaliénant – incontestablement. Rien n’est plus aliénant, en quelque sorte, que le spectacle (et le contact) du piège dans lequel l’autre – René en l’occurrence – s’enferme. Résultat de toute une vie assurément. Il faut donc se tenir dans le respect de ses propres besoins et exigences. Oui. … J’ai été très frappée, et intéressée étant donné mon travail, par ta si juste remarque : ce n’est pas le déprimé, en effet, qui devient un égocentrique de la plus belle eau…, mais c’est l’égocentrisme qui fait le déprimé ; ça va de soi quand on y réfléchit ! … Quant à Auroville : tout d’abord ton idée de revenir avec moi me parait tout à fait bonne, satisfaisante, séduisante. Je vais l’exposer à René… mais voilà, quand ?! L’élément central de cette réticence que tu as sentie en moi, c’est … la capacité infinie, diabolique, de René et de son inconscient, de préparer, de se préparer, une maladie in traitable si je puis dire. Je crois cependant qu’il faut encourir le risque sans tarder. Et après tout, au point où on en est aujourd’hui même, parler de « risque », ça fait sourire ! … Voilà. Je t’envoie tellement de tendresse que tu vas devoir la planter tout autour de toi (aux Prévôts une autre petite plante grasse se dédouble et ça fait plein de fleurs violettes).

Colette.

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