Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Samedi 26-8-2000
Aimé,
… Evidemment, ça m’est resté dans la gorge ce retour trois semaines avant l’heure. Et cette mer, l’une de mes sources de vie, que je n’ai pu qu’apercevoir. Vraiment : pas pu. … Une image inconnue de la Bretagne demeure en moi depuis que je l’ai vue. Inconnue et inattendue dans ses prolongements. Je t’ai dit que Pierre et Olga ont acheté une maison aux environs de Saint-Brieuc. Pour si peu cher … que vrai on pouvait se demander à quoi ça pouvait ressembler ; et d’ailleurs les photos qu’Olga était … heureuse de me montrer n’étaient guère encourageantes : une « longère », c’est-à-dire une longue maison sans étage avec un grenier bas, flanquée d’un hangar, et, surtout, en ciment (comme souvent dans certaines campagnes, du ciment faute de pouvoir, ou de vouloir restaurer les vieilles pierres en dessous). Donc, Pierre et Olga viennent nous chercher et on passe l’après-midi chez eux… Ce serait beaucoup dire que l’endroit constitue un hameau : plutôt 3 maisons, quelques basses-cours, des hangars, des hortensias, une voisine énergique et belle, son gars et un fils métisse… La longère : ils peuvent y vivre, eux deux, Yann, Elena et Julie la chienne ; devant, comme une large plateforme ; au-delà de celle-ci, ce qui pourrait se transformer en jardin : de larges rectangles de terre descendant en pente jusqu’à une route peu fréquentée… Tout autour, le pays est très particulier : beaucoup d’arbres et de petites forêts, un peu comme les environs de Dinan, et surtout très vallonnés (c’est comme ça que Yann a dégringolé … et s’est cassé le bras !)… Bref, la manière dont ce lieu me revient en mémoire, souvent sans que j’y pense justement, me dit ce que l’on peut en faire, à condition de bien garder sa topographie…
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