Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Quelques heures plus tard

... Parce qu’il a perdu je ne sais quel objet … il s’est effondré. Le découragement total, la perdition de lui-même, les sanglots bouleversants. Dans ces moments, tous les maternages je les lui apporte, mais en vain. Cela n’est jamais suffisant face à une demande incomblable du « Moi »... Alors ce mot « dignité », qui m’ouvre de grandes oreilles, me fait penser, devant de tels spectacles, de tels débordements de désespérance, qu’il faut la présence et la solidité de certains seuils pour être au niveau de la dignité… … En définitive, quelle est donc cette peur de la vie ? Ce désir de l’inerte ? … De quoi remettre à l’endroit la tête, et je ne sais où les deux pieds, mais j’ai vu une remarquable émission télévisée jusqu’à 1 h du matin, et elle n’était pas finie, sur l’astrophysique : les télescopes géants, les images de la lune en direct, des planètes, du cosmos, des trous noirs, de la collision entre Saturne et je ne sais quel objet… Dans ces moments-là, nos conflits de terriens font une drôle de bobine… … Je suis extrêmement touchée par les propositions de Selvam. Mais il faut savoir qu’elles sont en grande partie irréalisables ; au moins en tant que projet. Rien, absolument rien, n’est susceptible de projet. René est méconnaissable actuellement et n’est d’aucune manière en mesure de supporter la moindre présence, hors la mienne à longueur de temps, et la tienne lorsque tu pourras venir…

… Quant à toi, je demeure accrochée à ta présence en décembre…

Colette.

***

1384

Made with FlippingBook flipbook maker