Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Mardi 4-7-2000

Aimé,

… Ah, que je n’oublie pas : Janine lors de ce fameux déjeuner au bon vin blanc m’a dit une chose qui m’a frappée, tu en jugeras… Te dire tout d’abord que, depuis des années, nous n’éprouvons aucun besoin d’entrer dans ce qu’on appelle les confidences. Nos propos « légers » - mais nullement superficiels – nous donnent une certaine connaissance l’une de l’autre. Et l’autre jour, je ne sais trop comment, la conversation nous a conduites vers le problème de l’âge, problème pour certains et non pour d’autres, et sur la manière de placer les choses, de les situer, etc. Bref, voici qu’elle me dit, dans un langage inhabituel : « depuis le temps que je vous connais, je vois votre évolution, et je sens bien que pour vous vieillir c’est grandir »… J’étais très fière ! … Je pense que ta lettre à Albin Michel est juste ; j’y ajouterai une mienne de messagère/intermédiaire … Et je vais insister sur ton souhait d’avoir une vraie réponse… … ( Compte rendu de la condition de René…) Il me faut en tout cas exiger que nous partions aux Prévôts (car il a très peur de partir) ; dans la mesure où j’ai besoin de me sentir médicalement épaulée, protégée, Pierre et Olga, qui seront à Saint-Brieuc, peuvent nous rejoindre en moins d’une heure. L’ennui, si je puis dire, c’est mon intolérance à l’entendre parler de lui sans discontinuer, dans les moindres détails, du matin au soir… Pour l’heure, et parfois de son propre aveu, la « pulsion de mort » (de destructivité) est au premier plan, - et j’ajoute, de la manière la plus retorse… Il est toujours irrattrapable ! Et avec tout ça, dans la bonne volonté d’être gentil et tendre. Une sacrée salade. Jérôme d’Astier t’envoie son livre, plus le précédent qu’il a écrit il y a quelques années…

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