Lettres à Divakar jusqu'à 2005
8 jours plus tard, mardi 14
Je terminerai sans doute avec quelques mots sur René, parce que je veux ton écoute et ton aide… En huit jours il s’en passe des choses toujours pareilles… ! Sauf que j’apprends à mieux ouvrir mes oreilles … (Compte rendu de son travail d’écriture, nouvelles de Christiane et Francis, comte rendu de la correspondance avec Robert Laffont) … Je voudrais essayer de résumer les évènements, sinon ce ne serait qu’amoncellement de pages. Je trouve remarquablement condensée ta formule : « les femmes apprennent à répondre à la vie par la vie »… Tellement juste ! … Je sais aussi vers quoi il cherche parfois à m’entraîner. Tu en jugeras : je ne sais comment le mot « le devoir » est venu dans ce qu’il disait ; toujours est-il que j’ai répondu : « tu ne m’as pas entendu souvent prononcer ce mot-là, je pense ; en tout cas, s’il a un sens pour moi, c’est ‘le devoir de vie’, même à mon âge ! »… T’as raison, les femmes se situent bien là ! Autre petite chose : ayant mal dormi à cause de ses expressions contradictoires au plus haut point, j’ai eu avant- hier un mal de tête comme jamais je n’en avais éprouvé ; ça m’a fait réagir… ! Et, pardonne l’enfantillage de mon image, mais elle est venue comme ça : je me suis dit, exactement, « vite, il faut que je rattrape la queue de ma comète ‘Tranquillité’ ! »... Tu vois comment tes pensées, tes mots, ta présence se concrétisent !…
Colette.
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