Lettres à Divakar jusqu'à 2005

qu’à être écrit en toute liberté et clarté. Et puis, il y a tous les autres patients : tu me dis à juste titre qu’un tel livre devrait leur servir d’exemple, de modèle, et que l’éthique du secret professionnel ne serait en l’occurrence nullement trahie ; mais il est impossible de savoir leurs réactions « affectives » du genre « pourquoi pas avec moi ? », ou « pourquoi ne m’a-t-elle pas dit la même chose à moi ? », ou « je ne suis pas assez intelligent(e) pour ça ! », etc. Et va donc savoir ce qu’une telle entreprise réveillerait d’intérêts « inconscients » chez l’analyste !? Je dois dire cependant qu’il m’est arrivé de penser ainsi à Lydie ; mais, justement, ce que j’ai fait avec elle est une analyse si originale, - prêtant à bien des critiques sans doute -, tant j’ai dû, eu envie, de la sortir d’une maladie grave, de la drogue autrefois (elle avait 17 ans lorsque je l’ai connue, puis je l’ai revue des années plus tard), que le livre ne servirait d’aucun modèle… … Ce que tu me dis de la « méchanceté » de P. m’a frappée : Dieu sait si la méchanceté ce n’est pas la même chose que l’agressivité. De même que m’a frappée la remarque de Christiane me disant, à propos de projets contradictoires que P. fait simultanément, « dans ces moments-là elle est en phase ‘manie’ », terme psychanalytique ou psychiatrique que je n’ai jamais songé à utiliser là, et pourtant tout cela est vrai, la méchanceté, la manie… Comme si je verrouillais ces constats dés que je sors de mon travail !...

Colette.

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Jeudi 16-7-98

Aimé, si l’on m’avait dit que je te parlerais un jour de football… !! Eh bien, c’est tout simple, et inattendu…

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