Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Je t’ai dit … qu’il allait mieux. Ça continue. Ce médicament nouveau lui convient ; et même s’il y a, comme chaque fois où il se sentait moins mal, quelque excitation ou mégalomanie, celle-ci est très atténuée et… vivable. S’y ajoute donc l’entretien hebdomadaire… … Alors que je ne souhaite nullement qu’il m’en parle (ce sont des expériences qui doivent rester personnelles), il passe outre, si bien que je découvre que le bienfait qu’il en tire vient du seul fait qu’il parle de son « Moi ». Qu’importe. C’est après tout une issue, un lieu extérieur et neutre qui canalise et absorbe et dilue l’excès de … Pour l’heure – et après de Nièmes répétitions à propos de son incapacité « définitive » à voyager seul, comme de son refus qu’un de nos proches l’accompagne à Londres -, voici qu’il m’a dit de lui-même l’autre jour que, s’il continue ainsi à être bien, il pourra parfaitement me rejoindre comme d’habitude (ou « ne pas venir », n’a-t-il pu s’empêcher d’ajouter !). Cela dit, je crois qu’il pourra en effet dépasser ces paniques ; et puis, quoi, on verra bien… Le test va être d’ailleurs le départ aux Prévôts dans 3 semaines qui, depuis tous ces derniers temps, atteignait un degré de drame et de destructivité à la seule vue des bagages, assez stupéfiant. (Et qui dirait, à lire tout cela, que sa gentillesse demeure… Le « clivage », ça existe !) Quant à moi, dis-toi bien – et j’y insiste : avec toi – que je suis suffisamment arrimée au chemin d’évolution pour le garder dans mon champ de vue, malgré ces moments où la vision du proche qui s’effondre, ou qui fiche la pagaïe, est quelque peu encombrante. Et je t’assure, merci. J’ajoute aussi que tu as raison de souligner que les conditions d’un progrès entre René et moi … sont réunies à partir de nos différences. C’est une chose à laquelle je tiens tellement : le maintien, l’acceptation, le respect de ces différences qui sont, qui devraient être, les garants d’un choix de progrès en commun.
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