Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Et maintenant, de nouveau, voici le chapitre Ana. Mais je souhaite que tu suives l’affaire… Trois coups de téléphone de Xénia qui a confiance en moi… et avait besoin de décharger sa tension, sa fatigue ; la mère, les sœurs, tout cela parait explosif, et la petite Xénia semble à bout. Le 3 ème appel, c’était pour me demander de lui prêter 200 F à déposer sur le compte de Michel qui, si j’ai bien compris le système, alimente sa carte de téléphone dont elle veut pouvoir user quotidiennement, tant elle a besoin de communiquer avec lui. Tout cela « en cachette d’Ana ». Elle est attendrissante cette toute jeune femme, et dépassée malgré toute sa bonne volonté. Il est vrai que j’ignore évidemment son attitude dans la discorde avec sa mère qui, de son côté, la critique. Mais j’ai tout lieu de croire que la mère est pour le moins déconcertante ! Bon. Et maintenant les 4 coups de téléphone d’Ana… Voici la teneur du dernier : le semaine va être « très importante » : trois ( !) avocats sont sur l’affaire qui se joue sur un million de pesetas ; « naturellement » l’issue peut être négative, mais aussi positive, alors mieux vaut croire celle-ci, « n’est-ce pas »… Moyennant quoi Ana me demande de lui envoyer de l’argent pour attendre. Le lendemain je me suis souvenue de ce qu’elle m’avait rapidement dit, à savoir que je lui avais proposé de lui en prêter… Or, ce que je lui avais offert, c’était de payer des taxis ! A quoi s’ajoute, tiens-toi bien, le fait suivant : elle aurait en sa possession, venant de son père, un tableau qui, selon lui, « pourrait être de Rembrandt », et qu’elle se préparait à m’envoyer parce qu’elle était certaine que je devais connaître un expert ou quelque antiquaire et m’occuperait de le faire évaluer… Sur le moment j’ai eu à peine le temps de lui dire qu’on n’envoyait pas comme ça un tableau … sans garantie ni assurance et que, en plus, je ne connaissais aucun expert. A chacun de mes mots elle me répondait « no problème, no problème ». Et là, fin de la communication.

... Naturellement, la réflexion vient toujours après coup. Je sais en effet qu’il faut verser une assurance pour tout

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