Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Et qui allègera l’atmosphère : je pourrai enfin rester à bonne distance, le laisser vivre, seul, son rapport avec ce thérapeute, me sentit indemne des demandes de René qui cherche toujours à me transformer en thérapeute vis à vis de lui, etc. Et puis, vraiment, ne plus le voir souffrir, être dans un constant état de panique dés qu’il y a la moindre chose à faire, quel soulagement ! Il me faudrait des pages pour décrire toute la complexité que je crois voir très clairement en lui… … Autre chose : cette année, plus que toutes les autres, il est déjà pris de panique à l’idée de partir seul me rejoindre à Sincérité. Précédemment j’ai toujours tenu bon ; cette fois il me parait impensable de le lui imposer (même en lui faisant remarquer que, pour lui, un mois là-bas c’est trop). Impensable, parce que j’ai été témoin de ces débâcles. Ne pas venir serait un trop grand sacrifice car ne pas te voir serait douloureux. Donc : à moins d’un progrès dû à sa thérapie avec le psychiatre – ce qui est très possible -, il partira sans doute avec moi. J’ai déjà organisé dans ma tête mes repos et mes moments de lecture ou travail chez toi… … J’ajoute que si les choses devaient se passer ainsi, j’exigerais que tu me laisses t’aider pour les repas ! D’accord ? Et enfin j’ajoute aussi que je te parle de tout cela maintenant pour que tu sois au courant, mais qu’en fait je me garde bien d’en discuter avec René ; on verra le moment venu ! Tant de choses peuvent se passer ! … Il ne me reste qu’à te demander de me dire comment un organisme – le tien, en l’occurrence – peut s’adapter à un 37o dans le lieu le plus frais de la maison ! Je sais que vous êtes arrivés là en pleine jeunesse et que le corps s’adapte peu à peu. Mais tout de même, je me vois si peu et si mal plongée dans cette température ! … Je me demande si ton adaptation par exemple ne démontre pas la participation mentale à celle-ci ; s’il est justement nécessaire de lier, pour cela, conscience et organisme…
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