Lettres à Divakar jusqu'à 2005

peu impénétrable à la lecture… C’est la masseuse qui me l’a prêté pour mes cinq jours de vacances, tant elle l’a trouvé intéressant ; ne la devinant pas trop prêteuse, cette marque d’amitié m’a à la fois touchée, et aussi encombrée comme un pensum… Et voilà que je suis sous le charme ! L’auteur de cet essai, qui est traductrice de l’œuvre de Dante, est cultivée mais nullement docte dans sa démarche et son style : plein de nuances, de sensibilité, et d’intérêt pour le poète et pour son époque. Dante y apparaît comme un homme évolué, en avance, sensible et tourmenté. Ce qui m’intéresse dans cet essai, c’est la restitution de ce Moyen Age florentin : une époque assez fascinante… Et sa manière de capter ces choses est pleine de résonances qui, ici et là, m’ouvrent la voie à de nouvelles approches concernant les deux patientes qui feront l’objet de mon travail. Cela a quelque chose d’un peu magique, mais c’est le signe de l’éveil où se trouve l’esprit à tel moment d’un travail. De retour. Hâlés, non par le soleil mais – mieux pour ce genre de coquetterie – par le vent, l’air pur, l’iode des algues nombreuses à Paramé. Retrouvé un appartement glacé, mais trouvé ta lettre du 28 mai et ça vaut le retour à Paris ! … Bon : ta chute, le téléphone de Klara… et ce que je m’étais représenté, me demandes-tu ! (Tout d’abord, oui, je sais très bien que tu n’as pas de goût pour les « mystères » !) Alors voilà : le mot, l’intonation de Klara signifiait plus ou moins clairement : « il a ‘voulu’ faire une expérience, c’est très intéressant… ». Elle a mêlé, c’est sûr, l’expérience du rétablissement et celle de la chute elle- même, intercalant ses interprétations un peu… libres dirais- je. Quant à moi, j’ai entendu cela dans un léger malaise et refus, induits par le ton mystérieux de Klara, que je n’apprécie jamais. Vendredi 9

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