Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Lundi 22-5-95
Aimé,
C’est souvent sous des roses que je t’écris ; aujourd’hui c’est un bouquet de pivoines : voilà pour mon jardin parisien, bientôt le jardin breton, les arbustes doivent être en fleurs, à moins que les pluies incessantes ne les aient bousculés… Dis aux paons de Sincérité qu’ils reviennent pour mon retour ! … J’ai donc ta lettre du 30, reçue le 16, avec une nouveauté cette lettre : à la fin il reste un espace, mais… vide ; pas de petits baisers, pas de signature ! J’ai bien ri ! Et je l’ai rempli cet espace en me mettant plein de baisers ! … Autre sujet de grande satisfaction : savoir que pour l’instant tu travailles – autant qu’il est possible, dis-tu, sans conflit. J’ai pensé à ce que tu me dis d’autre part sur l’insuffisance actuelle de la base de confiance où s’appuyait l’équipe, avec cet effet de corruption subtile…, oui, je vois bien. Mais cela me donne en plus une autre impression : comme si il y avait là un signe que les choses doivent passer à un autre niveau. Où il faudrait certes de la confiance, absolument, mais dans une organisation nouvelle. Comme si, au lieu d’un passage à un autre niveau, les limites avaient dû craquer ici et là (moyens inadaptés pour ce passage, peurs du changement, peur de « perdre » je ne sais…, en particulier pour Arjun ?). Et d’ailleurs la tournure que prend la question des visiteurs ne me parait pas trop négative ; qu’elle soit passée à ce plan quasi général va obligatoirement amener une refonte (bien sûr en quels termes, et à quel terme dans le temps ?!) ; je crois que c’est mieux en tout cas que ce qui planait sur les relations interpersonnelles ; cela devient l’affaire de tous, avec je n’en doute pas le refus des responsabilités, mais qui ne pourra pas durer au-delà de certaines limites.
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