Lettres à Divakar jusqu'à 2005
(En lisant et relisant ta lettre je me suis aperçue que depuis le début je n’ai cessé de voir et de réagir et d’expliquer… l’ampleur et la constance des conflits collectifs aurovilliens ; alors que, sans doute, il faut avant tout « prendre conscience » des conflits individuels réveillées à, et en Auroville, avec leurs conséquences…) Mais ce sur quoi je veux beaucoup insister, c’est ceci : Accepte (le mot me parait juste en réalité), accepte de voir combien est agissant, révélateur, illustratif, présent, le courant qui existe entre toi et les ouvriers ; c’est une matérialisation – à une échelle qui témoigne – de l’efficacité et de la réalisation : individuel/collectif : c’est une incontestable Unité. Bon : dernier, dernier sujet de mes réflexions : là également je t’en ai fait part et tu m’as bien entendue, mais je ne veux pas … le lâcher ! C’est mon sentiment que ça vaut largement la peine, à l’égard de son exigence – et le tienne est grande et exigeante, si je puis dire ! -, d’être attentif, curieux, subtil, d’être en un mot … conscient ! A quoi ? A ce que l’exigence de rigueur ne vire pas, si peu que ce soit, à la rigidité ; que l’exigence de vérité ne glisse pas vers « une » pureté souvent suspecte ; que le tourment ne s’imprègne pas de souffrance vaine, ou plus ou moins obscure ; et qu’ainsi des limitations ne viennent pas obscurément « trafiquer » la liberté… ! Ça fait un peu… pompeux tout ça !? Et pourtant ça me semble si réel et même simple… ! … René t’embrasse… Et moi, t’inquiète pas, j’ai encore des choses à te dire ! Soigne-toi bien. Je pense à toi, tu vois ! Je t’accompagne, tu vois ! Et je t’embrasse tendrement,
Colette.
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