Lettres à Divakar jusqu'à 2005

… René va couci-couça, un jour sans, un jour avec… Et parfois encore ça me casse les pieds ! Parce que, en définitive, je n’arrive pas à comprendre (et pourtant, zut, je fais un métier qui m’éclaire un peu sur les embrouillaminis de la nature humaine), je n’arrive pas à comprendre, donc, que lorsque soudain on se sent angoissé, ou déprimé, ou coupable, ou triste, ou de mauvaise humeur… on ne cherche pas à retrouver ce qui a précédé cet état-là. Retrouver non pas une cause, mais la trace de quelque chose. Ça, René ne sait pas, dit-il : c’est « rien » qui a précédé. En fait, je suis sûre qu’il ne veut pas faire cet effort – ce travail en réalité… Et c’est ça qui m’énerve !

Voilà. Je t’embrasse très tendrement. Avec toi tout plein,

Colette.

***

Mardi 29-11-94

Aimé,

Un peu déroutée par les extravagances du courrier ; Christiane, par une lettre de Jean Yves via un voyageur, m’a dit que le courrier ne marchait ni dans un sens ni dans l’autre… … Tu m’as écrit une « longue phrase à déchiffrer », me dis- tu (les périodes de navigation, les perceptions centrales, le physique qui n’a pas encore appris)… Alors : je l’ai très bien, et très clairement déchiffrée. ... Ici, rien de particulier. Les contacts amicaux, ici et là… Et les remous très intenses provoqués par les drames mondiaux. Et ces derniers jours par la Yougoslavie. Il faut reconnaître qu’il y a des voix qui se font entendre violemment, courageusement, qui ne mâchent ni les mots ni

1082

Made with FlippingBook flipbook maker