Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Et puis c’était comme si vous aviez été près de nous dans la pièce, une netteté surprenante ! Sitôt après on a été à l’Océan, au Cap Ferret, somptueux ! Le matin, René et moi, une marche de deux heures dans la forêt, pleine de ravissants arbustes, un ciel absolument bleu, et la chaleur, presque, de l’été. Et j’ai eu tellement chaud… que, le surlendemain, j’ai attrapé une angine… oui ! Ça, c’est parce qu’il faut que je te raconte bien tout, n’est-ce pas ! Quatre jours adorables, avec en fin de journée des échanges intéressants et pleins d’amitié… ; j’apprécie beaucoup ! … J’ai su par une lettre de Barbara que Deepti n’était revenue que fin octobre…, tu me raconteras le but et les résultats de son voyage ? Comment va Arjun ? Jean Yves a-t-il trouvé un autre lieu pour leur maison ? … J’ai déjà en réserve les questions qui se posent… à partir des découvertes (peut-être inquiétantes) en informatique… Par exemple, on pouvait voir, à la télévision, une miniature (toujours en Amérique) appartenant au livre des « Très Riches Heures du Duc de Berry » qui, lui, est à la Bibliothèque Nationale ; de même pouvait-on lire une page des manuscrits de la Mer Morte, qui se trouve je ne sais plus où ; autrement dit – et entre autres – un chercheur sans quitter son bureau à Paris pourra travailler sur des documents situés à l’autre bout du monde… Bref, c’est vertigineux. Par exemple aussi, si j’ai bien compris, durant la guerre du Golfe on a utilisé des potentialités : une irréalité, donc, qui s’est transformée en une action réelle ; images de synthèse inventées par l’ordinateur, utilisées en actions militaires immédiates… C’est mal dit ; tant pis, je serai avec toi plus claire, surtout pour les questions que cela pose… (Un chercheur disait… qu’il n’y aurait pas, à cette échelle, de possibilité de distinguer entre mensonge et vérité… !)
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