Lettres à Divakar jusqu'à 2005

que ce que tu me dis et que je sens cependant proche… : comment dire ça… L’établissement d’une distance qui me rend plus consciente, et qui est une proximité ailleurs ; à la fois une facilité et une difficulté (mais à deux niveaux différents) dans l’établissement de cette distance et le mouvement qui se porte à un autre versant. Distance discrète et extrêmement présente et questionneuse… ah là, là, comme j’ai du mal à transcrire en pensée ce que j’appelle perception ! Et tu vois, ce que je t’écris ici, voilà que je ne sais plus si je te l’ai écrit récemment déjà, ou bien dans mon Journal ! Enfin, tel que c’est, tel que cela me vient je te le dis et c’est essentiel. … Et maintenant, ma lecture d’avant le sommeil, un gros livre que Guite m’a prêté : « Ces Messieurs de Saint Malo », une saga aussi, à l’époque des Corsaires et de la Compagnie des Indes, bien documentée : on y saisit la naissance d’une bourgeoisie, via les pillages et captures des corsaires – des marchands et des marins qui achètent des titres de noblesse après leurs « faits d’armes »… et contribuent à la disparition des petits seigneurs des terres. Au fond, je me suis remise à lire d’une manière assez soutenue et ouverte : c’est une activité qui m’éveille, au bénéfice d’un espace intérieur qui dépasse infiniment ces lectures, mais s’en sert comme d’une mise en mouvement.

… Et puis maintenant, je t’embrasse comme je t’aime,

Colette.

***

Le 11-11-94

Aimé,

Qu’est-ce que c’était gentil ce rendez-vous téléphonique !

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