Lettres à Divakar jusqu'à 2005
pied… ; il est vrai que j’ai reçu le 28 ta lettre écrite le 15 et que tu étais sans doute déjà mieux… Dis-moi quand même : tu as couché en bas, et ta toilette, tes repas ? As-tu utilisé des calmants ? Et tout ça, dans une pareille chaleur ! … Et puis, tout autre chose : quand tu seras vraiment remis, que tu auras vraiment le temps, dis-moi concrètement ce qu’ont été ces contradictions… auxquelles les aurovilliens n’ont pas été capables de répondre « courageusement »… Hier je t’ai répondu hâtivement à propos de mon Journal. Il se fait. Mais… c’est le « je » qui me freine ! J’ai rencontré dans mon travail des patientes qui avaient ce problème du « je » ; je crois repérer en moi les éléments de cette inhibition. Alors que si j’écrivais sur « elle », ça irait. Tout à l’heure je me suis dit, « après tout, pourquoi ne pas essayer ce mode et sortir, ne serait-ce que pour un temps, de ce qui me parait une obligation ?... » Au fond, c’est peut- être ainsi que, chemin faisant, je m’apercevrai de la nature de ce que je peux dire par la médiation de ce « elle », et découvrir pourquoi et où le « je », le mien, risque d’être réducteur… Nous revenons de Cézambre ; nous avons les marches et promenades adaptées à tel ou tel temps. Mais cet été je ne l’apprécie guère ce temps : froid, puis soleil étouffant, pas assez d’air, et quelques orages – l’un d’eux a duré toute une nuit ! Tu imagines ma … joie ! … Je voudrais te dire, « sois bien attentif » ; « prudent » n’est pas le mot qui peut te convenir, c’est « conscient », oui. Mais je sais aussi, tu me l’écris en vérité, que tu es conscient de ces manques de conscience… … Enfin, prends soin de toi !
6-8-94
… Quand je vois ou revois les belles choses ici, les belles mers si variées, je me dis, plus tranquillement qu’avant, que
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