Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Vendredi 22-4-94
Aimé,
… Il y a 6 jours j’ai trouvé ta lettre – bonne, gentille comme toujours - du 8… … Une belle surprise : la finition, déjà, de « ma » maison, de sa nouvelle harmonie, sa complémentarité avec ses ailes ! ... J’apprécie tes réponses à mes questions à propos du « tu n’es pas honnête »… Et aussi à propos de la maison de Jean Yves. Sache bien que je comprends ta position, et que, pourtant, la mienne reste un peu différente. Je vais essayer, tant bien que mal, de l’exprimer… en dépersonnalisant les acteurs en présence, vis-à-vis desquels j’éprouve quelques sentiments n’est-ce pas ! D’un côté A., de l’autre B. B. parvient un jour à un choix vrai. A., lui, son choix est depuis longtemps vrai. L’antériorité de A. n’entre pas en ligne de compte au niveau de la vérité et de l’authenticité, comme si il y avait là un « plus » ! Elle compte avant tout dans une pratique plus longue dans le lieu Auroville, dans un rapport avec une collectivité houleuse, où se manifestent depuis quelque temps les règles d’une urbanisation et de ses exigences. Pourquoi l’accession de B. à sa vérité devrait-elle mettre en difficulté non pas A., mais sa propre vérité ? Je veux dire, là, non pas que A. devrait y renoncer (!) mais cette vérité serait la cible involontaire d’un ego collectif porteur de mensonge… C’est cela qui me semble plus qu’arbitraire, puisque deux vérités – la vérité en fin de compte, se verrait clivée par des intérêts extérieurs plus ou moins entachés, et par un esprit de clan… Aucune des deux vérités, de A. ou de B., ne doit être contestée par quiconque, aucune ne doit être mise au service de l’autre – puisqu’en réalité ce serait « La » vérité qui serait ainsi mise à mal, ou plutôt limitée dans son impact ; la vérité de A., celle de B. n’en font pas deux mais une, qui mérite tout l’espace possible pour exprimer ses diverses facettes…
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