Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Samedi 10 juillet 93
Aimé,
Petite promenade… Avant-hier Francis a dîné avec nous et dormi à la maison. La veille au téléphone il était fier – je ne peux employer un autre mot – d’avoir reçu ce matin-là, du 7, ton télégramme à 7h du matin ! (Francis est né le 7-7-1922) Il a l’air très bien, mince comme un jeune homme et combien… actif ! Il venait à Paris pour France-Culture à propos d’une rencontre organisée pour les intellectuels algériens menacés de mort par les intégristes ; il est parti hier matin pour rejoindre Toulouse, un autre débat sur je ne sais plus quoi ; et aujourd’hui Bordeaux pour l’enseignement qu’il donne aux aides psychiatriques, dans le cadre de l’organisation dont il s’occupe. Après quoi, dit-il, il n’aura plus rien pendant l’été… « Mon œil ! », qu’on se dit, Christiane et moi, avec sagacité ! A propos d’Algérie, ils y ont réédité (je ne sais pas bien qui sont ces « ils », des amis sûrement) « L’Algérie hors-la- loi »… (Le livre que Colette et Francis avaient écrit ensemble dans les années 50). J’ai pensé à toi hier : j’avais en face de moi une jeune femme, recommandée par quelqu’un que j’ai eu, je dirais en analyse pour simplifier car cette expérience avec lui a été originale, qui est compositeur ; et cette jeune femme est au Conservatoire de Chant pour devenir, elle l’espère, cantatrice. Mais avant de s’engager dans le chant, elle a fait de la danse dés son plus jeune âge. Et je pense que je vais engager avec elle une expérience en face-à-face. Or j’ai été très frappée, très intéressée, par son maintien, ses postures naturelles, spontanées – gestes des bras en arrondi, pieds ouverts et genoux également, dos tenu, etc. Sans la moindre recherche, je ne sais même pas si elle le sait ! Ce qui m’intéresse, c’est ce que j’en reçois, moi !
1004
Made with FlippingBook flipbook maker