D'un seuil, témoigner

Chaque être doit découvrir sa propre religion, qui est sa propre relation au divin, à l’essence, au suprême, et en explorer le dynamisme au contact du monde, en incarner les formes. C’est à chaque être, directement, qu’il incombe de réaliser l’objectivité du Suprême.

Alors notre fonction individuelle véritable, auprès des autres et du monde, se révèlera dans un équilibre progressif, sans violence et sans illusion.

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Dans Sa « ville », nous aspirons à ce que s’établisse un milieu tout entier animé d’une réceptivité directe et immédiate au divin, à l’avenir.

C’est pourtant dans le contexte d’une telle tentative que l’on voit et mesure combien la liberté est encore pour l’homme l’état le plus difficile à assumer, tant nous sommes conditionnés, dans notre substance même, par les structures de la séparation et assujettis au pouvoir que nous leur avons prêté. Nous demeurons persuadés que, sans intermédiaire et sans guide, sans une discipline imposée, restreignante et purifiante, sans une méthode prouvée, sans une pratique acharnée et une violence sur nous-même, nous ne pourrons jamais accéder à la sécurité d’une réalisation spirituelle. Nous tendons à reformer les modèles de telle ou telle réalisation du passé, qui n’avait pourtant rien changé à la vie, et nous oublions la seule nécessité qui est de nourrir ce besoin central, ce besoin d’être et son appel, et de nous réunir tout entier dans cet appel, de vibrer avec ce besoin, qui est notre point vivant de contact au Réel. C’est ce besoin qui est notre écoute, et notre ouverture à d’autres sens, à la perception de la Force et de la Présence, c’est notre choix actif de ce besoin, notre adhésion consciente à son feu, qui lui permet d’ouvrir le chemin.

C’est ce Besoin qui un jour n ous aussi nous entraînera après Elle dans la perception et l’expérience matérielles d’un Etat plein et entier.

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Cette « ville », cette tentative, dont j’ai parlé, n’est ni une fin ni un but en elle -même ; ce n’est aucun privilège d’aucun « élu » d’y ap partenir ; aucune sécurité particulière ne s’y trouve. Elle n’a de sens général que par le principe qui la fonde, qui est celui d’une unité humaine actuelle, par-delà les barrières sociales, culturelles, religieuses, nationales, raciales, qui déchirent enc ore l’humanité ; elle n’a de raison d’être que par la compréhension qui s’y révèle et s’y précise, et par la pratique vivante de cette compréhension qui, peut -être, lentement, s’y fait jour. Car cette compréhension et sa pratique s’appliquent à toute situa tion, terrestre et humaine.

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