D'un seuil, témoigner
En exergue :
Pour voir clair, il faut Le regard qui voit et La lumière qui éclaire
*
I
Ceci est, évidemment, un peu de ma propre histoire intérieure. Mais il se trouve qu’à un moment donné elle a débouché sur une histoire infiniment plus grande par son contenu et sa portée, dont l’objectivité concerne le plus grand nombre. Par certains de ses développ ements, dont j’ai fait partie, au sein desquels j’ai grandi, auxquels j’ai assisté, elle a fait aussi de moi un témoin. C’est le mouvement naturel du témoignage, par sa double appartenance à l’homme et à ce qu’il peut contempler d’un avenir encore pour le moins hypothétique, qui m’a conduit à exprimer ce qui suit. Avec les mots qui me viennent et tel que je suis, ce mouvement a mûri en moi au point de se rendre, et c’est le bouquet et la moisson que je tente d’offrir, pour ce qu’ils valent. Teintée, inévita blement, de ma propre expérience, je garde confiance que l’utilité même de ce que ces mots tentent de décrire, saura, de sa propre force, se communiquer. Les circonstances de ma bataille privée y affleurent parfois en filigrane, et je ne puis m’en excuser, comme celles de cette vie, la mienne encore qui, bien souvent, m’apparait si anachronique sur la face de l’homme… La face, mais le masque, dont les fissures, les béances sont irréparables ; ses grimaces nous suivent jusque dans l’action la plus infime, o u intime. Il est trop tard pour colmater, recoudre. Et le mal, comme le bien, nous ont menés à ce point.
Pourtant le manifeste triomphe – et toujours triomphera. Un triomphe éternel, incontrôlable, incontournable, dont la force absolue nous oblige à devenir, ou nous détruit.
Notre conscience est une, elle touche ses limites. Mentalement, l’humain. Vitalement, la créature. Physiquement, la terre. Physiologiquement, le corps. On y est. Un homme, dans une prison. Le mal, comme le bien, nous ont menés à ce point.
3
Made with FlippingBook Ebook Creator