journal d'une transition
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Ainsi il faut s’en remettre à une Action directe de la Force dans les êtres et les circonstances, et trouver à chaque instant comment le mieux la servir, sans attacher à, ni même vouloir vérifier, aucun résultat. Je ne sais pas bien expliquer les termes du problème, qui pourtant se pose de plus en plus… Puisqu’il est indispensable que chacun ait le temps et l’espace de parvenir à un état de perception vraie, selon ses données individuelles, et puisque chacun progresse de manière différente et à des rythmes différents, il est impossible de communiquer consciemment à un niveau qui soit à la fois commun et fidèle ; le seul niveau commun abordable est toujours très inférieur aux possibilités que l’on perçoit… Alors on est condamné à la fois à s’efforcer constamment d’être fidèle dans l’action, et à accepter un formidable gaspillage et d’innombrables détours et complications, sans en être affecté… C’est tellement plus confortable de recevoir un travail défini et limité avec l’assurance qu’en s’y donnant, on reçoit aussi l’action de la Force pour le changement de la conscience… ! … Un long moment avec Toine ce soir, pour chercher ensemble le chemin matériel de ces disques – leurs positions et leurs tailles ; tout est irrésolu ; ni Roger A, ni Silvio, malgré leurs prétentions initiales, n’ont été capables de trouver la solution, et nous nous trouvons dans une situation intenable… *29-10-1992, Auroville : Un éclat de colère ce matin, provoqué soudainement par cette force en L.N qui tord et abîme ; c’est quelque chose qui ment tout en prétendant à la vérité, quelque chose de grossier ; et je me suis laissé prendre, et Ramalingam aussi… Cherchant à rejeter sur moi la responsabilité de ses propres retards et de son inertie, L.N a voulu me faire passer pour un menteur, et je n’ai pas été capable de laisser couler… La colère n’est jamais justifiable ; c’est dégoûtant ! Et après, il faut offrir ! Et toute la journée, sur la structure, je dois de justesse me rattraper, au bord de l’accident ; et ce soir, la moto tombe plusieurs fois en panne, et je dois rentrer de Pondy sans lumière…
*31-10-1992, Auroville : Plusieurs bétonnages dans la journée, à des endroits différents…
Une autre réunion de travail dans la soirée, à propos de la position des disques sur les portions singulières de la sphère (la sphère de Matrimandir n’est pas une sphère géométrique parfaite, mais une sphère aplatie aux pôles), et, pour la première fois dans toute cette confusion redoutable, il y a un peu de joie et le sens d’une ouverture et d’un chemin possible, d’une solution harmonieuse et puissante…
*3-11-1992, Auroville : Yoke quitte son corps, ce soir ; emportée d’urgence à Madras par Karel, le cœur a flanché…
*5-11-1992, Auroville : L’enterrement du corps de Yoke, près de « Forecomers », dans les bois… Il y a l’expérience de traverser les tensions et les formations et les « croyances » pour toucher quelque chose de vrai ; c’est l’un de ces moments où la réalité
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