journal d'une transition

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*20-10-1992, Auroville : Bill S est venu à notre réunion de Coordination, spécialement pour nous avertir d’une autre vague de rumeurs et d’accusations destructives dirigées contre nous, qui semble s’être emparée d’un nombre de gens…

*21-10-1992, Auroville : J’essaie de préparer un texte que notre équipe pourra adresser au groupe qui s’occupe des admissions à Auroville (« Entry Group »), à propos des nombreuses demandes faites par des travailleurs, « ouvriers », pour être acceptés avec leurs familles dans Auroville… *22-10-1992, Auroville : C’est décourageant : Silvio, ce matin, nie tout ce qui a été confirmé avec Roger A, et revient sur tout ce dont on a parlé ; c’est comme une sorte de folie obscure, insaisissable, et très négative… Long bétonnage de la dalle du centre de climatisation, de 11 à 20 h ; malgré la fatigue, je suis très touché par la qualité de don de tous nos gars, et je suis très fier d’eux ; ils travaillent sans compter, avec adhésion, et c’est magnifique et c’est adorable… Ramalingam est aussi heureux que moi… !

*23-10-1992, Auroville : L.N a invité le « Working Committee » à une réunion générale : ce sont les mêmes circuits infernaux, avec des discours moralisateurs hystériques ; c’est épuisant…

*24-10-1992, Auroville : Les membres du « Working Committee » nous ont communiqué leurs excuses pour s’être laissés prendre à la manipulation de la réunion appelée par L.N… … Passé une grande partie de la matinée, avec Asha et un nouvel arpenteur géomètre, S, à corriger les erreurs que Pierre E, J.L et Mani ont faites dans les mesures des premiers Pétales et de l’accès Ouest ; puis un long moment avec Walter pour préciser, avec l’aide de nos cartes, l’emplacement des deux nouveaux puits, en appelant l’inspiration juste… … Selvam veut s’en aller à Madras pour 2 ou 3 mois, pour étudier : il a réalisé qu’il lui fallait vraiment maîtriser la lecture et l’écriture de l’Anglais ; c’est bien, mais son absence va me donner plus de travail !

*27-10-1992, Auroville : Je me sens submergé…

Et il y a ce perpétuel problème : à mesure que l’on prend conscience d’un ensemble donné, on devient en même temps conscient comme de la direction ou de la vérité de chaque mouvement, de chacune des situations dans cet ensemble. Et si l’on est centré dans l’action, alors on touche concrètement à tous ces points et l’on cherche spontanément à manifester ce que l’on en perçoit ; mais le temps physique ne suffit pas, et nous sommes encore trop peu à être ainsi orientés : les chaînons manquent de tous côtés…

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