journal d'une transition

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Il y a une quantité de détails à préciser et introduire matériellement, et aussi toutes sortes de dessins d’exécution à faire, puisque Asha a tant de mal à suivre le rythme ; mais il y a généralement une énergie plus heureuse qui circule, avec beaucoup de gentillesse…

*1-2-1992, Auroville : Qui peut raconter l’histoire de ce chemin, même dans son apparence la plus extérieure et la plus perceptible, comme la construction de Matrimandir ? Je crois que c’est impossible de le faire. Il y a tous ces courants et ces origines, ces aspects, ces dimensions et ces portées, ces implications et ces besoins et ces orientations, dans un même champ de force et d’évolution – c’est comme une ouverture presque infinie qui demande une concentration formidable… ! … J’essaye, cahin-caha, de faire avancer le travail sur plusieurs fronts, et c’est comme un débroussaillage constant… *2-2-1992, Auroville : Ce soir A est venu, jusque tard. C’est à plusieurs niveaux à la fois, et je ne sais pas comment ça va se placer ou s’intégrer ; il y a une bonne communication, au point de vue du chemin d’Auroville ; il m’a parlé longtemps de ces années difficiles, telles qu’il les a vécues, alors qu’il appartenait au groupe des « Neutres » ; et puis il y a l’aspect émotionnel et sexuel, qui s’est manifesté avec une certaine simplicité… Mais A, bien qu’oriental – japonais – d’origine, est né aux Etats-Unis et son conditionnement est occidental ; et j’ai développé une sorte d’intolérance à la substance mentalisée à l’occidentale : cela me met en tension, ou en réaction, ou cela m’ennuie… Je ne trouve vraiment une sorte de bonheur, la joie d’une tendresse qui coule, qu’avec les gens d’ici, et je l’apprécie de plus en plus, avec amour et gratitude… … D.D et Klara sont à Auroville ; je dois dîner avec elles ce mercredi… *3-2-1992, Auroville : Après le travail Toine est venu me trouver pour me parler des dernières complications : Roger A, stupidement, a donné son accord pour que William N prépare un prototype alternatif d’une coque en verre, ce qui pourrait, étant donné le jeu des forces et des ego, compromettre tout le travail en cours et précipiter encore une autre masse de confusion… Mais on ne peut que s’accrocher à la paix, dans le flot de l’énergie… *4-2-1992, Auroville : Après le travail, et les visiteurs, L a finalement pu me retrouver ici ; je vois combien cette relation, si partielle ou limitée puisse t elle apparaître, comble en moi un besoin et libère une disponibilité, et comme j’en suis reconnaissant… Et toute la soirée Ramalingam est resté ici avec moi. Et nous regardons ensemble, comme nous le faisons régulièrement, les nécessités de l’organisation du travail, mais aussi, un peu, un tout petit peu du formidable problème de la misère qui environne Auroville – cette misère dont il est lui-même venu, celle que nous côtoyons chaque jour à chaque instant à travers tous ces êtres qui nous aident à

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