journal d'une transition
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*14-2-1986, Auroville: Aujourd’hui j’ai lu dans Ton Agenda quelque chose qui m’a semblé recéler, ou contenir, la clé vivante qui peut m’ouvrir le chemin et me libérer de certaines mauvaises attitudes et contradictions, quelque chose dont je peux faire une loi pratique : quand Tu tentes de décrire l’expérience du Seigneur qui avance et, à mesure de Son besoin évolutif, retire de la manifestation ce qui ne correspond plus à la plénitude à venir ; et combien, en s’unissant simplement à ce mouvement essentiel et constant de Sa Conscience, les contradictions, les drames, les peurs, et toutes les ombres sont dissoutes… C’est le Seigneur qui marche et qui constamment Se réalise en avant, reprenant en Lui-même ce qui n’est plus nécessaire, révélant de Lui-même ce qui le devient pour une plénitude toujours progressive de Sa Manifestation… … De la confusion ce matin, et de la mauvaise humeur de ma part ; trop de détails matériels à régler à la fois, ici et à « Ravena », avec cette hâte à terminer la petite maison temporaire pour le jour de Ta Fête, afin que D.M et Janaka puissent y emménager : tout le monde fait son possible et ce sera peut-être prêt, je ne sais pas encore… … Soaz m’a apporté un Samuel tout sonné par la fièvre et le rhume ; je l’ai emmené avec moi à « Ravena » sur le vélo et, une fois arrivés, il s’est endormi dans mes bras, parmi le bruit du travail et les ouvriers, et cela m’a donné des heures d’immobilité réceptive… … La question d’Auragni est à nouveau présente dans ma conscience active, et je ne sais pas pourquoi ; la situation, pour moi, reste la même : je n’accepte pas, je n’ai toujours pas accepté ; tout au fond de moi la douleur est la même, la blessure est la même, l’incompréhension est la même ; ce n’est pas « juste » ; ce ne peut être vrai. C’est tout. Alors, pourquoi une telle situation est elle tolérée par Toi, je ne sais pas ; je ne comprends toujours pas… *16-2-1986, Auroville: Je ne sais vraiment pas où j’en suis. J’éprouve beaucoup d’antipathie envers ce que je manifeste, ou plutôt envers mon incapacité à contribuer quoique ce soit d’utile, humainement ; je suis gêné, oppressé par l’étoffe de l’ego dans mes mouvements, qu’ils oient internes ou apparents, et je doute profondément de la qualité de mes choix et de la validité de mon expérience d’Auroville, à contre-courant et en marge, rejeté et moi-même rejetant. Il n’y a qu’une « chose » qui me réconcilie : lorsque la brûlure de Ca est présente et active, le nectar de Ca, le Fait de Ta Présence. Mais ces temps ci je ne suis conscient que d’une terrible insuffisance, et d’une solitude sans issue… … Guide-moi, Douce Mère… ! Il est bien possible que j’aie fait une erreur énorme en revenant à Auroville, il y a près de 13 ans. Je n’en sais rien. Je suis incapable de trouver comment faire le moindre pas en avant, je suis incapable de marcher sur Ton chemin… Je suis conscient d’être né, cette fois ci, pour un travail difficile, et j’ai absolument besoin de Ta Lumière, de Ta Force, de Ta Présence, inconditionnelle. *15-2-1986, Auroville: This morning, with Soaz, I took Samuel to the Ashram, and up into Sri Aurobindo’s rooms; this time again I managed, even though all children below 5 or 6 are strictly forbidden to enter, and it went well, in calm and poise…
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