journal d'une transition
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*18-2-1985, Auroville : Il y a toujours ce besoin de servir ; et rien de ce que je « fais » ne semble jamais être utile, utilisé… Je pourrais écrire encore – il y a la capacité -, mais ce dernier texte a été refusé, et ne semble intéresser personne… J’aimerais pourtant, par exemple, rédiger tout un programme d’éducation pour l’Inde, particulièrement l’Inde rurale… mais, encore pour rien ? … Je suis allé attendre C à l’aéroport ; elle est arrivée à l’heure ; Shankar se trouvait là aussi pour recevoir la délégation roumaine pour le séminaire qui va s’ouvrir à Auroville et, voyant C avec moi, il a pris son attitude amicale et fraternelle… Nous sommes rentrés tous les deux ce soir, tranquilles, bien ensemble… *20-2-1985, Auroville : Un premier étudiant, Franklin, Nigérien, est venu s’installer dans la maison ; il a choisi tout de suite de dormir en haut… Tous les étudiants participant à ce séminaire vont être hébergés dans les maisons ; c’est en soi un bon exercice, mais je ne me sens pas particulièrement sollicité par ce séminaire… *22-2-1985, Auroville: A second student was brought to me, who is here to represent the Fiji Islands, of Indian origin; he moved downstairs. Yesterday evening C was very moved by what she felt to be the inner dimension of the event taking place behind or beneath the surface of this Youth Seminar; we were at the amphitheatre till late, for the sarod performance, in the presence of Matrimandir… *25-2-1985, Auroville: C et moi sommes allés chercher R à l’aéroport ; un R fiévreux, un peu étrange, un peu fou… Et moi, j’ai encore mal aux nerfs : cela dure depuis des jours et des jours ; les vaisseaux capillaires font mal, même la peau fait mal ; je voudrais me retirer dans un sommeil indéfini… *26-2-1985, Auroville : Aujourd’hui la déclaration commune de tous les délégués a été présentée. Cela a été difficile, comme un enfantement, entre les forces en présence – les intérêts politiques, les déformations… Comme un besoin psychique s’est manifesté, dans la situation terrestre… J’ai pleuré, pleuré… Et je me suis senti plus étranger que jamais envers les gens d’Auroville ! Je suis rentré ce soir épuisé, comme si tout cela s’était passé EN moi… *28-2-1985, Auroville : A 5 heures ce matin nous étions à l’amphithéâtre ; tous les délégués, beaucoup d’Auroviliens, et beaucoup de gens de l’Ashram aussi ; et c’était beau, formellement beau et profondément beau ; J’ai senti l’Action de Sri Aurobindo, beaucoup… … Une surprenante altercation avec P : il avait affiché, en guise de plaisanterie, la photographie de Lénine au beau milieu de la Cuisine, et je l’ai retirée…
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