journal d'une transition

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*1-2-1985, Auroville : D.A est en réaction devant l’absurdité des conditions qui sont posées aux nouveaux arrivants, et de l’énormité de ce qui est exigé d’eux financièrement…

*2-2-1985, Auroville : M est en difficulté, blessée par l’attitude de G.M ; Ar. s’occupe d’elle…

.. Alors que je distribue les paiements aux ouvriers, Krishna vient se plaindre de ce que l’un des aides à la construction l’aurait provoqué par une remarque ou une expression raciste ; s’ensuit alors une longue et fastidieuse discussion avec toute l’équipe des ouvriers, et une tension s’est insinuée que je n’avais jamais jusque là connue dans mes relations avec les gens d’ici, même ceux qu’il m’arrive d’ « employer »… *3-2-1985, Auroville : Ce soir M, G.M, Ar. et moi sommes allés voir le film de Satyajit Ray, « Dévi » : un travail très épuré et intense, qui touche courageusement, presque héroïquement, à la fourche du mensonge de l’Inde – son attitude envers la vie d’un côté et la relation au Divin de l’autre : un film presque difficile à supporter tant il colle à la réalité du problème… Puis, nous sommes restés ensemble ici jusque tard… M a ce « don » de tout ramener à l’état le plus ordinaire, pour en mesurer ce qui reste ; une sorte d’intolérance viscérale de tout masque et de toute prétention, c’est très étonnant ! *8-2-1985, Auroville : Krishna a décidé de s’éloigner quelques jours, de reprendre une chambre à Pondy ; c’est mieux ainsi : Barbara a été très blessée et secouée par son attitude et sa conduite de ces derniers jours ; il ment trop, et il me semble qu’il y a maintenant presque le danger que s’installe une sorte de « split personality » (ce qu’il est convenu d’appeler je crois « schizophrénie » ?)…

*10-2-1985, Auroville : Barbara est très désemparée, comme si Krishna avait en deux jours effectivement détruit l’atmosphère qu’elle avait travaillé des mois à établir dans sa maison, avec Akash – cette maison que Krishna dit maintenant lui avoir « donnée »…

*13-2-1985, Auroville : Il faut progresser : pas des progrès psychologiques, mais un progrès d’état… !

*15-2-1985, Auroville : Samuel a aujourd’hui un an. D.A m’avait demandé de l’emmener au Samadhi et, si possible, malgré l’interdiction aux enfants de moins de 4 ans, dans la chambre de Sri Aurobindo… Et cela s’est bien passé : j’ai pu monter dans la chambre en portant Samuel dans mes bras, et il a reçu sa carte de « Bonne Fête » et une belle rose rose ; plus tard, à « Existence », j’ai arrangé les guirlandes de jasmin sur le petit lit de bois que je lui ai fabriqué… … Ce soir D.D était à « Dana » ; après 5 ans sans se voir, le contact a été bon.

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