journal d'une transition

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Je ne refuse pas de voir – au contraire je veux voir clairement, sans défaillance. Mais je refuse d’être écrasé. Il me faut trouver la force de poursuivre et de travailler demain et tous les jours, avec mon corps, pour Toi. C’est le moment de ne plus juger, de ne plus céder, de ne plus trahir. *30-3-1976, Auroville : Comment donc peut-on Le servir autrement qu’en devenant Lui ? Comment être l’instrument conscient d’une puissance étrangère ? Inconnue ? In vécue ? Quelle vanité ! Toute la vie est un mensonge, un vide, une caricature, un cartonnage, aussi longtemps qu’on n’est pas Lui. Pour l’ego et l’ignorance la seule chose concrète et tangible, la seule expérience, c’est la mort et le désir. Mais pour l’âme la seule expérience, la seule réalité, le seul fondement, c’est Lui.

« O human copy and disguise of God Who seekst the deity thou keepest hid

And livest by the Truth thou hast not known, Follow the world’s winding highway to its source. There in the silence few have ever reached, Thou shalt see the Fire burning on the bare stone And the deep cavern of thy secret soul.”

*10-5-1976, Auroville: Aujourd’hui cela faisait 6 ans que je T’ai vue la dernière fois dans Ta chambre, Douce Mère. Aujourd’hui j’étais calme.

*24-6-1976, Auroville : Il y a un cri jeté par la nuit lorsque le rayon la pénètre, une résistance aveugle, un « non » tendu : je suis cela. Depuis si longtemps que je Te perçois comme un divin chirurgien… et je demeure, comme dans la réalité physique, ce corps agité, raidi par la peur, le refus d’être touché, l’angoisse devant l’intervention nécessaire ; et cette opération, lorsque le moment en est encore distant, je l’appelle et l’implore et, lorsque l’heure est venue, comme un animal je me refuse.

*26-6-1976, Auroville : J’ai l’impression de me préparer à une nouvelle vie. Il y a une tranquillité consciente qui semble me tendre les bras et je la sens parfois, bien que la pression sur l’ego soit terrible.

*13-7-1976, Auroville : Matrimandir : D.M est tombée !

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