Un Parcours

la Force devrait être considérée comme un trésor sans prix, respectée et protégée et utilisée selon la vérité la plus haute. Cependant, et de plus en plus, nous agissons comme des propriétaires sans scrupules. Dans le journal du matin parait une photographie du festival de Telangani, une église chrétienne réputée qui attire chaque année un grand nombre de « fidèles » - l’une des règles, je crois, est de s’y rendre à pied, d’où que l’on vienne, et d’être vêtu de jaune - ; cette photo montre un prêtre debout sur un balcon en hauteur devant la foule des dévots, et dans sa posture et son maintien s’exprime la satisfaction d’une force qui avale, qui se nourrit de cette soumission et de cette adoration et de cette attente collective, quelque chose de répugnant ; jamais je n’ai vu ou senti cela dans un temple hindou : certainement on y trouve de l’ extorsion et de la corruption, mais jamais cette froide exploitation qui prospère aux dépens des crédules dans le besoin… Nous sommes le 1 er Avril, quand Manikandan vient me trouver au temple : il s’approche de moi , après avoir attendu plus d’une heure que je termine la puja et demande à parler : il me dit qu’il a réalisé combien je lui manquais, combien Sri Ganesh lui manquait, et comme il s’était égaré et trompé, comme une force s’était emparé de lui et, maintenant qu’elle s’étai retirée, comme il souhaitait retrouver notre communication et notre amitié ; lorsqu’il insiste pour que je lui réponde, je lui dis qu’il doit d’abord agir pour réparer les dommages, retracer ses pas de médisance et de trahison et s’en excuser ouvertement ; que cela, personne ne pouvait le faire pour lui et qu’alors seulement l’on pourrait recouvrer la vérité de notre amitié ; il ne nie rien, mais ne s’engage pas et demande seulement à ce que nous nous rencontrions à nouveau…

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