Un Parcours
Chaque matin, il faut nettoyer l’espace devant la grille d’entrée de tous les détritus : les enveloppes plastifiées, les restes de nourriture, les bouteilles vides, que laissent tomber ceux qui s’arrêtent pour s’asseoir sur le banc de pierre à l’ombre et boire la bonne eau du robinet public ; les quelques plantes que nous avons essayé d’entretenir le long du muret de pierres ont été arrachées l’une après l’autre ; si des gens plus aisés arrêtent leur voiture devant l’entrée, pour remplir leurs thermos par exemple, ils vont jeter leurs emballages ou leurs mégots par les fenêtres sans regarder. C’est une condition générale, le pays entier est un dépotoir : une absen ce totale de sens civique ou d’é ga rds pour l’’environnement au- delà de la propriété personnelle… Madhu, le fils aîné de Kusum, et sa femme sont venus d’Ahmedabad à l’Ashram et viennent prier ; elle est directe, mais il demeure évasif et se garde de tout contact et j’apprends, par Bitti, qu’il cherche à obtenir les clés pour venir conduire une cérémonie en mon absence. Bitti dit approuver mon refus…
Parthy termine son travail pour cet « oncle » qui lui donne la misérable somme de cinq mille roupies, comme je l’avais pressenti ; c’est encore une leçon pour Parthy…
J’apprends que le Gouvernement a déjà versé à Auroville une compensation pour les terres qui doivent être acquises pour la Route Nationale, mais les Auroviliens responsables de la gestion des terrains ne semblent pas savoir clairement ce qui a été décidé concernant le puits ; il y a une sorte d’indifférence facile qui me révolte, et ce n’est pas seulement au sujet de ce terrain particulier : nous prenons l’immense privilège qui nous est donné comme sil nous était dû et offrons si peu de nos actions : toute terre qui a été offerte au Seigneur pour Auroville et le travail de
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