Un Parcours
responsables de cette condition -, et me suis aussi souvent senti presque honteux devant leur dignité et leur résilience.
Manikandan me décrit une e xpérience qu’il a eue récemment en présence de Sri Ganesh, qui me semble authentique et rare à la fois, mais s’apparente à celles qui me sont données ; cependant, il tend à se laisser envahir par un trop- plein d’énergie vitale, qui brouille et complique l’atmosphère. Et ces jours- ci, il semble de plus en plus dispersé et s’associe à toutes sortes de gens qu’il invite à venir au temple, à l’encontre de ce qu’il sait être juste. J’en ressens un malaise croissant. Et aujourd’hui, j’ai l’occasion d’aborder cet inconfort : un homme connu de lui, un docteur ayurvédique, entre dans le jardin chargé d’un gros sac et, sans prêter aucune attention à Sri Ganesh, cherche Manikandan qu’il est venu rencontrer, avec une attitude assez grossière ; plus tard j’en fais la remarque – ce lieu est dédié au service de Ganesha et nous n’avons pas à l’utilis er socialement – cela le fâche vivement. J’ai 59 ans aujourd’hui ; Manikandan a laissé pour moi une lettre d’excuses et de prière pour la continuation de notre amitié, ainsi que des fleurs et une cuillère d’argent, que je dépose devant Sri Ganesh. Il sem ble glisser dans une sorte d’ébriété malsaine : il est allé à l’Ashram hier, soi -disant pour moi ou en mon nom, pour recevoir la carte de « bonne fête » et me la rapporter ; mais il a aussi, le même jour, eu l’idée bizarre d’appliquer ses mains enduites de suie sur les murs de la salle de bains, comme une fresque maladroite et provocante à la fois… et pourquoi ?! Le lendemain, en route vers les collines avec ses nouveaux amis, il me téléphone une longue apologie, déclarant qu’il est devant moi comme un petit enfant ; mais il ajoute qu’il a commandé la
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