Un Parcours
les « travailleurs », les « employés », nos voisins des villages ? – et quelle est la situation sociale résultante ? Car la réalité indique un fossé béant entre les statuts d’Aurovilien et de travailleur payé. Et je poursuis en interrogeant notre manque de clarté et notre absence de compréhension : comment se fait-il, par exemple, que nous n’ayons pas depuis longtemps déjà pris la décision d’investir dans le développement harmonieux des villages voisins autant que nous le faisons dans Auroville même ? Ou comment se fait- il que nous n’accordions toujours pas à ces « travailleurs » de simples droits d’accès à des services collectifs tels que la bibliothèque ou l’auditorium et le Matrimandir ? Car il est question de dignité et de respect et il n’est aucunement légitime, par exemple, qu’un nouveau venu de Noirmoutier ou de Seoul traite un villageois comme un subordonné, sur la seule base d’une différence de statut ! Je n’ai presque jamais reçu de commentaire. Tel semble être mon destin : le silence de l’autre, ou bien son rejet. Je ne crois pas que l’élan qui me conduit à « communiquer » ainsi soit le désir d’être accepté ; il y a peut-être un peu de ça, mais le principe moteur est de servir la vérité de notre chemin collectif, son intégrité et son progrès ; cela peut sembler prétentieux, mais je n’exprime que ce dont je suis certain, d’un point de vue impersonnel. En Juin, je remets en question le mouvement de centralisation qui domine à présent la vie collective ; alors que nous bénéficions de ce formidable avantage évolutif d’une diversité qui ne peut que croître, pourquoi rassembler toute notre organisation sous une seule unique entité, dans un seul et même lieu physique et obéissant à un même programme d’action ?
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