Un Parcours

la route et, en creusant, ont déterré des morceaux d’arbres pétrifiés (que l’on trouve souvent au fond des ravines, u n peu partout dans la région) et le contremaître, qui me connait, m’a proposé d’en amener quelques -uns au jardin du temple : je les place près du Shivlingam, comme des sentinelles, de part et d’autre de l’arbre de « Prospérité ». Je publie dans les Notes d’Auroville ma question « inopportune » au sujet de la « propriété » d’Auroville : qui est propriétaire, en fait et en vérité et comment le vivons-nous ? Si les mots de Mère ne sont pas juste une manière de dire, alors le Suprême est le propriétaire et n otre conduite doit simplement se définir d’après cette réalité. Cependant la tendance et l’orientation de notre entité collective semble plutôt considérer ces paroles de Mère comme un simple encouragement à une morale partagée, et notre rôle est alors cel ui d‘interprètes gestionnaires , au nom de l’humanité , d’une vaste propriété et le pragmatisme, un pragmatisme « éclairé », devient l’ordre du jour et guide notre conduite… Et ainsi nous glissons dans le rôle de « propriétaire », nous y identifions et, dans la foulée, nous isolons de la protection essentielle qui est accordée aux vrais serviteurs du divin dans le monde. Nous nous expulsons nous-mêmes du sacré. Ceci est loin d’être indifférent dans ses conséquences : les villageois, nos voisins, ne manquent pas de s’en apercevoir - et d’en profiter éventuellement -, eux qui savent sans errer reconnaître la pureté du don de soi. J’aborde ensuite la question de qui, dans la pr atique, bâtit Auroville – le Suprême, la Mère créatrice, les forces universelles, les Auroviliens, bienfaiteurs et donateurs, ou/et les « ouvriers »,

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