Un Parcours

Matrimandir ; puis le départ de Kusum ; puis le départ de Colet te… Pourtant, malgré tout, même malgré l’opposition et l’adversité persistantes, une sorte d’élan intérieur dans le corps, dans la conscience du corps liée au psychique, garde la confiance que le chemin se poursuit, vers quelque chose comme l’Ananda du sei gneur dans la Matière, la raison même de l’existence et des mondes… Il n’y a pas de mots que l’on puisse oser utiliser, mais cela a le caractère de l’amour de Mère, de l’amour pour Mère, de cet amour qui éclaire chaque heure de ma vie physique et matériel le… J’aime toujours autant Auroville, peut -être davantage, même si je n’y suis plus d’aucune utilité (à part mon service à Ganesh, qui n’est guère considéré comme utile et que certains situent plutôt du côté de ce qui doit disparaître, puisque c’est une « religion »…). Je me rends compte concrètement que je n’ai plus de liens ni de relations ni d’affinités avec ces énergies qui animent les gens ; il y a une distance, une étrangéité, et presque une douleur à m’en approcher. Je me rends compte aussi que l’orientation qui m’est donnée n’est pas vers l’acquisition de quelque capacité supérieure, mais vers un inconnu, une autre présence dans le monde qui demande à tout réapprendre, sans aucune satisfaction pour le petit bonhomme épuisé… Il y a aussi une sorte de terreur devant l’état du monde : un marché ! Et dans quelle mesure Auroville en est polluée. Alors, je veux me concentrer là où je peux vivre, et dans ces quelques tâches qui sont habitées, qui ont un sens, comme la traduction de « Savitri », l’entretien du jardin, le service de Ganesh, d’autres écrits peut -être, par Ta Grâce, Douce Mère.

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