Un Parcours

Oui, nous sommes désormais en 2005 ...

A chaque absence, je dois arranger un remplacement auprès de Ganesh, et ce n’est pas évident ; seul Parthipan comprend bien ce qu’il faut faire ; Manikandan l’a déjà fait aussi et cela s’est plutôt bien passé et il continue de s’y intéresser, bien que pour des raisons qui me semblent parfois suspectes et me font hésiter. Et à chaque passage en France, l’évidence se précise : Colette ne pourra durer davantage. J’assume auprès d’elle un rôle auquel je n’étais pas entraîné, mais en me concentrant sur la première nécessité de l’harmonie, en m’appliquant à ce que tout soir le plus harmonieux possible, les choses effectivement semblent mieux répondre, les circonstances et les personnes collaborent. Colette avait toujours appliqué un soin méticuleux, détaillé, dans la gestion de « nos affaires » ; tout était rangé précisément dans des classeurs répertoriés, elle avait boulonné des années pour établir l’ordre, alors que René affirmait sa paresse comme une vertu. Mais les finances étaient tombées au plancher ; elle avait même dû commencer à retirer de l’argent d’une assurance - vie qu’elle avait contractée pour moi aux services de La Poste. Ce n’est qu’en réussissant à vendre tous ces tableaux et esquiss es et livres d’art originaux, et son bureau/studio, que la situation se redressa et je pus couvrir les frais de soins à domicile et remettre de l’argent dans le compte. F. est de plus en plus présente, toujours volontaire pour toutes les tâches, c’est un e travailleuse qui utilise ses mains sans souci, qui aime rire et marcher et donner et découvrir ; elle amuse Colette, qui l’accueille bien. Olga est souvent là aussi et nous devenons plus proches, plutôt comme frère et sœur ; elle adore Colette mais, étant chercheuse et médecin, avec un sens très aigu de la misère des corps atteints et de la souffrance humaine (elle a vécu emprisonnée en Colombie où elle fut torturée et c’est en prison qu’elle rencontra Pierre, son

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