Un Parcours
dire, c’est que je ferais mieux de me taire si je ne peux pas parler en réf érence à une expérience solide, et j’attends un peu cela des autres. C’est la moindre des choses. Je ne vois pas le sens de ton truc de remonter en amont, en amont… Cela ne s’applique pas… C’est plutôt le mouvement d’essayer d’avoir accès à cette expérienc e à travers les mots de quelqu’un, les mots de cet instant - là… » . MHB : « Est- ce que ta parole est celle d’une personne en rupture avec le monde, ou au contraire… ? Et j’ai l’impression que tu es en retrait… C’est peut - être parce que c’est moi qui suis en retrait, comme étrangère à ce monde d’Auroville, car je n’y suis pas depuis longtemps… Déjà en 8 jours mon impression a changé, tout cela fait sa route quand même… ! » . D : « Alors, tu me vois en rupture, c’est curieux… Cela revient à ce que j’essayais de te dire au début, c’est que c’est une condition, quand on vit ici, qu’on peut être sûr que les petits pas que l’on fait sont des petits pas qui comptent en tant qu’humains, pas en tant que membres d’une culture ou d’une race ou d’un pays ou de je ne sais quoi… » . D : « Non, écoute, je ne peux pas te dire qu’il n’y a pas le risque de se retrancher : c’est possible que le risq ue soit là, du moins provisoirement. Mais, dans l’expérience même, c’est plutôt le mouvement de plonger, avec la compréhension et la confiance qu’on ne va pas s’éloigner, mais au contraire qu’on va s’unir avec quelque chose qui est présent partout. On peut dire ‘universel’ et tout cela, mais c’est un adjectif – concrètement, c’est le fait de plonger qui peut sembler comme cela (comme un éloignement) ; du fait que tu aies à plonger, et par ce qui fait que tu plonges, ou que tu es dans ton chemin de plongeon depuis longtemps, tu n’utilises plus les moyens de communication (habituels), parce que tu n’en as plus besoin… Ça ne te vient plus – donc cela peut te donner l’impression… Mais je ne peux pas te promettre qu’il n’y ait pas des cas, entre nous tous, d’un c ertain retranchement ; mais ça ne doit pas durer beaucoup, à mon avis, parce que la vie ici ne te laisse pas – telle que je l’ai observée – ne te laisse pas t’installer… » . D : « C’e st en entendant plein, plein de petites histoires, comme ça, que tu pourras saisir la variété, et l’efficacité de quelque chose qui travaille ici : si tu en as vraiment besoin, ça te laisse tranquille – mais vraiment besoin ; sinon, cela vient te chercher, dans tes retranchements, ça te secoue un peu, et puis cela te fait rencontrer des choses comme ça tout le temps, mais à ta mesure… Mais les choses ne sont pas encore concluantes en aucune manière… donc, il doit bien y avoir des échappatoires : on est rusés !!! » . MHB : « Oui, et cela est du ressenti… Cette implication que j’ai face à vous tous fait que moi, je me sens en retrait… » . MHB : « En quoi cela ne te permet pas de te laisser t’installer ? »
. MHB : « Il y a 30 ans que tu es ici ? »
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