Un Parcours
Deux jours plus tard, les reins lâchèrent. Elle fut placée sous assistance artificielle ; les autres organes suivirent. Avec notre plein accord, les deux fils demandèrent à la sortir de l’hôpital et l’amener chez Madhu, encore consciente ; ils y arrivèrent, Kusum respira deux fois et s’en fut. Son corps fut incinéré le lendemain. Madhu et Vipul rapportèrent ici les cendres. Ils souhaitaient jeter les cendres dans l’océan indien, à quelque distance du rivage et en face, à vol d’oiseau, de l’Ashram ; ils demandèrent à ce que je les accompagne et m’invitèrent à choisir un ami ; Manikandan se proposa. Ils louèrent un petit bateau à moteur et apportèrent des lampes, de l’encens, des fleurs… Nous versâmes les cendres. Depuis pratiquement le premier retour en France – le premier voyage en- dehors d’Auroville - , j’apprend s par nécessité à m’adapter « technologiquement » ; ainsi, j’ai d’abord cherché à me procurer une nouvelle machine à écrire, afin de reprendre et de corriger et revoir entièrement mes cahiers de traduction de « Savitri », pour réaliser qu’on ne pouvait plus en trouver et que, même si j’en trouvais une encore en bo n état, le problème serait de remplacer les rubans, les carbones et toute pièce abîmée, parce que tout le monde avait transité à l’ère digitale informatique ; je m’étais donc résigné à acheter un ordinateur portable, que j’ai eu bien du tracas à faire fonctionner. Puis Auragni a décidé de me pourvoir d’une adresse électronique. J’ai ainsi, depuis, appris à « communiquer » plus rapidement et à écrire – toujours de mes deux index – en corrigeant au fur et à mesure sur l’écran ; et j’ai pu commencer de revoir et de réécrire toutes mes traductions, avec plus d’ordre et de méthode…
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