Un Parcours

mais Kumar est un employé et donc il va se taire ; ils approchent, un certain nombre entrent dans l’espace entre l es murs et la table, d’autres restent autour, observant la scène par les grandes baies ouvertes ; devant eux, je décroche le téléphone et vérifie qu’ils sont déjà passés au bureau d’Arjun et nous en rions tous les deux alors que je lui décris la scène ; je ne vois parmi eux aucun des quatre Auroviliens qui ont été nommés pur prendre nos places, et je ne connais pas tous ceux qui sont là, à part Renu, que j’ai vu grandir, et quelques autres ; Sanjeev Agrawal a semble-t-il été désigné comme leur porte-parol e, mais le ton qu’il prend ne parait pas satisfaire les autres, qui s’en mêlent un peu ; l’un d’eux juge nécessaire de me signaler que je peux tout à fait demeurer au Matrimandir dans une autre activité : je me désiste – non merci – et leur dis seulement q ue je n’ai aucun respect pour leur démarche qui se repose sur des moyens qui n’ont rien à faire avec Auroville… John, pendant que je parlais, est entré et s’est assis près de moi sur la table, ouver tement pour me défendre de tout excès, mais en fait, je le réalise alors plus clairement, il est confortable avec ce groupe, ce sont aussi « ses amis » et il ne sera pas exclus de leurs plans… Durant ces quelques instants, la décision est prise en moi : je ne résisterai pas, je m’en vais ; je n’ai rien à mettre en ordre, aucun compte à rendre, tout est à jour, tout est accessible, aucun commentaire n’est nécessaire… Pour les faire partir, je leur dis seulement que je vais réfléchir ; mais je sais que je ne resterai pas un jour de plus, car ce serait un embarras pour tous les ouvriers qui seraient inutilement déchirés entre leur loyauté et les nécessités de leur emploi…

Je rentre à la maison, la journée se termine ; Pnina est là, anxieuse.

598

Made with FlippingBook flipbook maker