Un Parcours
Sunil inonde la maison, l’encens l’embaume, le jardin est paisible, mangoustes et serpents et oiseaux s’affairent et les fleurs et les feuilles, les abeilles et les rayons du soleil se tiennent paisible compagnie… La relation avec Ganesh (le seigneur Ganesha) devient plus concrète et plus riche. Walter m’apport e des fruits du verger de Mechtild et me raconte son rêve la nuit dernière : il se trouvait dans une petite communauté, presque un village, et il s’y sentait bien et, là, j’avais avec chacun également une relation très proche et directe, non pas que je présidais, mais plutôt que je portais comme le ferment et le lien commun à tous et lui, qui ne recherche guère la compagnie des autres, avait été touché par cette possibilité et il lui a semblé que cela correspondait, en d’autres termes, à quelque chose d’actuel… Oui, cela résonne, mais doit demeurer très intérieur, très abrité ! Je vois et constate que petit à petit je me retire et laisse à d’autres la place qu’ils semblaient convoiter. L’été est arrivé, 43 degrés à l’ombre de la maison. La peau se flétrit. Quel est ce monstre tapi dans le corps qui dévore son innocence et corrompt son amour et se moque de son offrande ?! Arjun est allé consulter un spécialiste à Chennai (le nom révisé de Madras) : ses deux yeux sont affectés et il devra probablement subir une intervention pour « rectifier » ses sinus… En contemplant le phénomène de la mort, ce retrait forcé, cette expulsion hors de la matière, les cellules abandonnées devenant pourriture et poussière, j’ai su à nouveau, mais en pleine clarté, qu’il n’y a qu’une solution, qu’un chemin : le corps et l’être psychique doivent s’unir, concrètement et inaliénablement.
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