Un Parcours

Une autre perspective

Nous sommes le 17 Septembre 1999 : presque la fin d’un millénaire et même à ce sujet il y a débat, à savoir si le nouveau millénaire commence ce prochain 1 er Janvier, s’il a déjà commencé, s’il commencera en 2001, je n’ai pas la tête à çà ! Alors me voici déposé à l’aéroport : ce qui me plait, en quelque sorte, c’est d’être ainsi transporté, sans l’avoir voulu, hors d’un champ de participation et de responsabilité dans un vaste anonymat sans conditions… … Weymouth : j’avais demandé à arriver par la Bretagne, à ne pas être précipité trop brutalement dans la grisaille de la ville ; mais il fallait s’arrêter à Londres, cette politesse sans cœur, et trouver un auto car jusqu’au port de Weymouth, pour m’apercevoir que je n‘avais plus d’argent pour le passage en bateau jusqu’à Saint - Malo… Téléphone avec Colette et René, comment m’envoyer de quoi payer la nuit d’hôtel et le billet de bateau… Et dans le miroir de la chambre frigide dans la maison d’hôtes bien astiquée, j’observe cette drôle de marque qui s’est installée près d’une narine sur la lèvre supérieure, ainsi que les rides qui se forment sur le cou, dans ce froid qui me fait presque peur – une désolation, une vulnérabilité sans merci… Est- ce particulier à l’Angleterre ? Une atmosphère de dénuement intérieur : tout est propre et méticuleusement arrangé, tout le monde est poli et attentionné, et tout le monde est seul, une absence terrifiante ! Par le hublot de l ’avion j’avais vu défiler les changements, depuis le chaos de l’Inde, à travers les monts et les steppes et les vastes

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