Un Parcours
précises et sensées que possible de ce projet de lac central, avec toutes ses incertitudes, ses présomptions et ses dangers.
Mais la machine politique était en marche. Et ce serait, tôt ou tard, mon exécution.
Et, une fois de plus, je m’étais distingué : car je fus le seul à objecter – du moins, je ne vis personne d’autre lever la main pour signaler son objection, alors que je me tenais à l’arrière de la salle – lorsque le groupe de coordination central demanda l’accord de tous les Auroviliens au document proposé comme « Master Plan » afin d’être endoss é par le Parlement ; je savais que, même si pour certains Auroviliens, ce document devait servir de protection contre la surexploitation et la surenchère forcenée de tous les terrains adjacents ou voisins, le but principal de cette démarche officielle était de forcer tous les Auroviliens à accepter un plan d’urbanisme qui datait des années 60 et ne correspondait ni aux données présentes, ni à l’esprit d’Auroville. Il s’agissait en fait de la vieille histoire et du même vieux conflit entre l’usage d’un pouvo ir vertical, arbitraire et doctrinaire pour créer un œuvre majeur et la nécessité de vivifier et d’intégrer toutes les énergies en présence afin d’obtenir une réalisation collective durable et signifiante… Colette, bien qu’elle continuât de travailler qu otidiennement à son bureau de psychanalyste, avait de plus en plus de mal à assurer les rigueurs du voyage annuel à Auroville et René, quant à lui, s’affaiblissait rapidement tout en exigeant davantage de Colette, comme s’il voulait la tirer avec lui, expr ess&ment, dans la tombe ; elle avait besoin de ma présence et je devais m’y résoudre : je n’avais pas quitté Auroville depuis 26 ans, et n’en avais aucun désir, mais si Colette en avait besoin – et elle ne le
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