Un Parcours
plus tôt, lorsqu’il me reconnaissait encore, était son jeu de mots sur le « sombre, ténébreux Ali » et sur l’association du terme « Dar », signifiant lieu ou cité, et « Kali », l’aspect guerrier de la Shakti, dont l’idole était servie tout près dans le petit temple qui lui était dédié depuis longtemps). Il n’y avait aucune inimitié entre Aruna et moi, mais non plus d’espace partagé. Krishna, lui, avait choisi de garder cette part de lui-même enfermée au-dedans et muette, tandis que son corps traversait bien des affres, jusqu’à ce qu’il doive céder et « mourir » d’un cancer du pancréas, en 2000. Je vivais seul, donc ; la seule compagne qui souvent revenait, fidèle et constante et libre à la fois, était, et continuera d’âtre Pnina ; elle s’était investie dans le milieu et l’atmosphère de Vârânasî, où elle étudiait à l’université et apprenait le chant et suivait ses maîtres, mais venait souvent quelques jours ou semaines retrouver le sens d’Auroville et réaffirmer notre relation tranquille et inconditionnelle. Oui, je vivais seul et m’en trouvais reconnaissant ; si j’avais quelque relation intime, c’était sans complication ni condition affective, en amitié, en tendresse, libre de tout drame. J e m’étais retiré justement de toute sorte d’attente émotionnell e avec une femme et mon atmosphère en était libérée. Les relations d’amitié masculine étaient simples, simplement généreuses, simplement contentes. Il dut y avoir quelque gestation invisible, car un jour je me mis à écrire – en français : bien que je n’eus que très peu pratiqué le français dans ma vie à Auroville, les mots revinrent sans effort et je passai des semaines, chaque matin sur un coin d’établi dans
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